Café à Calzadilla de la Cueza (3 juin 2017)

Fait la grande traversée… du…

Tellement de monde que je n’ose plus dire « désert »…

En plus, il y a maintenant une mini cantine au milieu de nulle part…

Mon pied gauche m’a fait ralentir…

Deux pauses, très bienvenues, puis ce café à la sortie…

Beaucoup de longs moments de silence, même si ce n’est pas ce que je raconte le plus…

English digest: loooooooong straight walk. Left foot hurt. Was fun nevertheless.

Musique: note à mes élèves… (Carrión de los Condes, 2 juin 2017)

Surprise sur le Camino: un concert de guitare, ce soir! Bon guitariste, qui s’est bien sorti du trouble, justesse remarquable, quelques très jolies idées musicales, répertoire intéressant que je ne connaissais pas du tout.

… Deux réserves, toutefois; une envers l’organisation du concert: annoncer un concert gratuit partout en ville puis afficher contribution volontaire juste à la porte, ce n’est pas très correct, à mon sens…

Ensuite, et c’est ici que je m’adresse à mes élèves: s’il-vous-plaît, pensez à jouer pour la dernière personne au fond de la salle! Pas seulement pour votre maman au premier rang! Promis, si vous faites ça, je serai fier de vous! Mais, plus important encore, vous pourrez être fier(e)s de vous!

Bon concert à ceux et celles qui n’ont pas encore joué!

… Message aux gens qui viendraient m’écouter en concert: si jamais je joue « au neutre », ôtez-moi mon archet et envoyez-moi en vacances!!!

p.s. écouter un concert tout tordu sur un banc d’église dur et inconfortable, après 7 heures de marche avec un sac à dos un peu lourd… pas l’idée du siècle.  Heureusement que le récital était court!

De Boadilla del Camino à Carrión de los Condes (15e étape, 2 juin 2017)

Aujourd’hui, début de ma troisième semaine de chemin. J’ai raconté dans les billets précédents les aventures du matin; pas grand-chose à rajouter, sauf le monsieur à l’accueil du Monastère Santa Clara. Disons qu’il prend son travail très, très, trrrès au sérieux. Nathalie-la-rapide dit que c’est la version masculine de la mère supérieure!

Oui, Nathalie, parce que nous nous retrouvons encore, avec Andrea, ensembles. Andrea était très contente lorsque je l’ai vue arriver au village. Je sens que pour elle, ce voyage est toute une découverte. Aussi, elle a commencé à Logrono; je réalise que ma semaine d’expérience de plus fait bel et bien une différence.

English digest: met a very serious man, yet still had a lot of fun!

Esquissé passé: deux paraphrases d’Andrea, 2 juin 2017

[nous parlons de religion, ou pas… Elle me raconte qu’elle a été élevée catholique…]

-À 35 ans, j’ai cessé d’aller à la messe; je croyais que j’étais adulte, mais je n’ai pas osé le dire à mes parents…

– – –

-À Burgos, je regardais les gens sur la place, devant la cathédrale; ils étaient comme nous [elle pointe ses jambes, des mollets vers les orteils]: rouge, blanc, ampoules!

Esquissé passé, 2 juin 2017

Deux couples de cyclistes qui font route ensembles. Les deux hommes, même carrure affirmée, même âge, fin quarantaine ou début cinquantaine, mêmes genres de maillots cyclistes bien collants, roulent de concert à l’avant en parlant fort. Les deux femmes, elles aussi du même moule, plus petites, fines, brunes claires à cheveux longs, suivent de concert, quelques pas plus loin, en silence. Elles aussi portent des maillots moulants, assortis, ce qui fait qu’on voit clairement qui est la femelle de qui…

Dîner à Villalcazar, vendredi 2 juin 2017

Départ ce matin, déjeuner, j’ai déjà raconté.

Marche, après le déjeuner, avec Nathalie et Andrea, puis elles se sont arrêtées au premier village suivant pour aller voir l’église. J’ai continué jusqu’à l’autre, Villavieco, où je me suis arrêté pour prendre un café juste avant la pluie. Andrea et Nathalie sont arrivées au moment des premières gouttes.

Il a plu pas mal, puis nous sommes repartis lorsque ça s’est calmé.

Nous avons pris la grand route, pour éviter la boue du petit chemin. Au premier village suivant, Nathalie s’arrête encore, Andrea et moi continuons et rattrapons un groupe de gens…

Nous marchons un tout petit peu plus vite qu’eux et nous retrouvons dans le groupe. Une dame s’arrête, pour replacer je ne sais quoi, puis repart, elle me suit comme si elle allait me dépasser…

Mais quelque chose dans le bruit de ses bâtons m’agresse incroyablement! Je me sens coincé. Je me penche en avant et accélère, je ne me souvenais même plus que je pouvais partir comme ça. Je me sens mal, je n’ai rien dit à Andrea. Mais, il faut que je m’éloigne.

Quelques minutes plus tard, mon pied gauche, qui allait vraiment bien, me fait payer mon écart de conduite… mais je suis assez loin, je peux ralentir.

Je rattrape Christina, qui était à l’abri avant la pluie et qui est partie avant nous… dernières salutations, elle s’arrête au prochain village.

… Finalement, je m’arrête aussi, j’ai faim.

Une fois assis au resto, commande passée, je vois Andrea qui monte vers l’église. Je sors en courant, pour m’excuser. Elle me sourit, me dit que ce n’était pas nécessaire… Elle, au contraire, a ralenti… pour la même raison!

English digest: one precise stick noise made me crazy! Not in the good sense.

Message de Christina (déjeuner à Fromista, 2 juin 2017)

Ce matin, après une marche solitaire  (si on exclut les nuages d’insectes) le long du canal de Castille, surprise: un déjeuner à six, Jürgen, Bernhard, Christina, Andrea et Nathalie-la-rapide et moi, à Fromista, au lever du soleil.

Ça me fait repenser à un message de Christina à mes lecteurs et lectrices, qu’elle m’a dit hier soir:

« Dites-leur d’aimer la vie. »

Voilà qui est fait.

English digest: Christina says: love life.

Christina (Boadilla del Camino, 1er juin 2017)

Christina est Brésilienne et Italienne (héritage de son arrière-grand-père), elle parle portugais, bien sûr, mais aussi français (très bien, même si elle ne me croit pas quand je le lui dis), anglais et italien.

Son fils vit à Londres; il est Brésilien, Italien et Anglais, mais ce n’est pas ça qui est important dans l’histoire. Ce qui compte, c’est qu’il a fait le Camino l’an dernier.

Christina voulait faire le Camino depuis longtemps, déjà. Son fils l’a encouragée, alors bon, elle se lance.

Ai-je dit qu’elle est déjà sexagénaire? Qu’elle marchait avec un couple qu’elle a fini par laisser derrière, parce qu’ils ne faisaient que 15 km par jour? (Elle en fait 20)

Est-elle pélerine? Non; plutôt marcheuse, comme moi, et heureuse de ce qu’elle trouve en chemin, et du temps seule, et… par anticipation, certaine d’être heureuse de retrouver sa maison et son confort!

Ah, je crois avoir oublié de préciser qu’elle a deux hanches artifielles… Et tout mon respect!

Deux hanches artificielles, mais elle n’est même pas la personne qui boite le plus sur le Camino.

 

Andrea lui a demandé, en soupant, si elle a un permis pour passer dans les aéroports, parce que ses hanches font certainement sonner les détecteurs de métaux; Christina dit que non, qu’elle passe toujours par une seconde machine et que tout finit toujours pas s’éclairer.

… Andrea dit alors que son mari a deux barres de métal dans un avant-bras… et qu’il déclenche toujours les détecteurs en Allemagne, mais jamais en Grèce.

English digest: respect for Christina, a nice walker of the Camino!