-J’en ai, des patientes sourdes-muettes qui ont un chum, sourd-muet aussi; y s’entendent bien!
Esquissé passé, Montréal, jeudi 20 septembre 2018
-Des fois, j’suis décidée, j’veux rien acheter, mais là j’rentre dans une boutique, la vendeuse est charmante, je ne veux pas lui déplaire pis le chapeau m’aime…
Esquissé passé, Montréal, mercredi 12 septembre 2018
-Quand est-ce qu’on utilise 6, 9 ou 12 dans les chiffres indicateurs?
-Quand il y a beaucoup de notes dans une mesure?
Esquissé passé, Montréal, vendredi 7 septembre 2018
-À la mi-juillet je rencontre une fille que je croyais avoir de l’allure […] À l’écrit, c’était parfait!
Esquissé passé, Hemmingford, jeudi 6 septembre 2018
(Il est question d’une bière italienne)
-Les bouteilles sont-elles consignées au Québec?
-J’pense que oui.
-Où l’avez-vous trouvée?
-On l’a achetée à St-Chrys [St-Chrysostome]
-Tu m’niaises?!?
-Faut pas dire « Tu m’niaises! »
-Hein? Quoi alors?
-Tu me niaises!
Esquissé passé, mardi 4 septembre 2018
-Nicolas, je suis vraiment honorée que tu fasses partie de ma maladie!
Héloïse Landry, qui, exceptionnellement, a demandé d’être citée.
… Je me demande si ça veut dire que je suis un genre d’ami-crobe, ou quoi?…
Esquissé passé, Montréal, samedi 1er septembre 2018
-J’aime pas aller économiser dans les grands magasins de luxe!
Esquissé passé, Montréal, vendredi 31 août 2018
-Although Jean Coutu has my favourite mascara.
Esquissé passé, Montréal, lundi le 27 août 2018
-Tes souliers sont très intellectuels!
Critique de concert: MISQA, Montréal, vendredi 24 août 2018
Je me suis fait offrir deux billets pour le concert de ce soir de MISQA, autrement dit McGill International String Quartet Academy. Je n’ai trouvé personne pour m’accompagner, ce qui fait que le second billet est allé à quelqu’un qui était sur la liste d’attente. Conséquence: pendant la deuxième partie du concert, ma nouvelle voisine (qui n’y était pas pendant la première partie) m’a fait entendre le fonctionnement de ses intestins, qui s’agitaient tellement que, lorsque le quatuor jouait pianissimo, les gargouillis l’enterraient… Mais c’est une autre histoire.
Bon; ce soir, il y a eu des tas de bonnes nouvelles, des tas de découvertes, des confirmations de tendances, et, euh, bon… zut, j’aurais voulu être content de tout… Ce ne sera pas le cas, mais j’y reviendrai.
En première partie, le quatuor Viano, canada-américain, jouait l’op. 74 No 1 de Haydn et le 4e quatuor de Bartók. Après la pause, le quatuor sud-coréen Esmé a présenté l’Op. 133 de Beethoven.
Alors, pour les constats… Dans le premier quatuor, il y a deux hommes et deux femmes; le second est totalement féminin. Est-ce que cette présence des femmes change quelque chose à la musique de chambre? Je veux dire, par rapport à l’époque où les quatuors comme le Paganini, le Melos, l’Alban Berg, l’Amadeus et tant d’autres, étaient exclusivement masculins? Hum, comment dire… D’un point de vue féministe, certainement, mais d’un point de vue musical… en fait, non. Dans les deux cas, les nuances sont très marquées, la justesse impeccable, le rythme et la mesure totalement clairs, les moments d’attente pleinement assumés. Pas de moment de grâce, mais « presque » pas de défaut non plus. Bon, le travail sur les timbres et les couleurs est encore embryonnaire (sauf dans le Bartók, en fait, où il est plus poussé, par la force des choses), mais faut quand même se rappeler qu’il est question d’ensembles récents, composés de membres bien jeunes encore. Le début du Beethoven sonne presque « metal », comme il se doit (à mon sens).
Autre constat: deux des membres du quatuor canado-américain et toutes celles du quatuor sud-coréen sont asiatiques, au moins d’origine. Le futur de la musique classique de tradition européenne serait-il de l’autre côté du Pacifique?
Entre le Haydn et le Bartók, les deux violonistes du premier quatuor changent de chaise. Je ne suis pas totalement certain que le premier-violon-du-Haydn-devenu-second-violon-du-Bartók était content du changement… J’ai eu le sentiment qu’il en faisait un peu plus que ce que ferait un second violon respectueux… Difficile à expliquer, mais c’est comme s’il avait voulu prendre la place… D’où ma question à ce sujet: pourquoi changer de chaise? Ciel, que ça va devenir compliqué. Notons que je n’ai aucune objection de principe à ce que la seconde-violon-du-Haydn devienne première-violon-du-Bartók; c’est seulement si ça tourne au conflit larvé que j’ai un problème, et je n’ai pas de réponse toute faite quant à ce qui « devrait » être la « bonne » solution.
Autrement, au chapitre des bonnes nouvelles, les deux excellentes altistes confirment, une fois encore, que les blagues d’altos sont probablement en voie de disparition. Le son est ample, riche, et lors des croisements de voix avec les violoncelles, la base harmonique est richement assumée.
Autre bonne nouvelle: alors que je n’ai pas raffolé du premier quatuor de Bartók (entendu sur disque il y a plusieurs années), je dois dire que j’ai trouvé le 4e intéressant, au point même que je serais très curieux de le jouer, tiens! Et aussi que je crois avoir mieux compris l’op. 133 de Beethoven. Oui, oui, celui de la Grande fugue. Bon, je continue de préférer, en matière de quatuors à cordes, le Beethoven qui avait toute son oreille des neuf ou dix premiers quatuors (opus 18 et 59, plus le quatuor « Harpe éolienne »), coloré, limpide, au Beethoven quelque peu torturé et déchiré de l’opus 133, mais au moins, cette fois-ci, j’ai réalisé (finalement! Mais en vérité, c’est juste la seconde fois que je l’écoute, oups!) que la « Grande fugue » est, en réalité, une série de variations! Hum, je le redis, je préfère l’espèce de fugue-sonate du finale de l’op. 59 no 3…
Mais j’ai quand même beaucoup mieux saisi les tensions, le drame interne de tout ce quatuor, j’aurais envie de remercier le quatuor Esme, sauf que…
Sauf que, « ta barre n’a qu’deux kriss! », comme on dit en Malaisie. Car oui, il y avait des malaises… À cause, misère totale! de la violoncelliste! Elle a un son magnifique, elle joue juste, et bien, sauf, sauf…
Sauf qu’elle oublie, d’une part, de couper la résonance de son do à l’octave de la corde ouverte, assez souvent, ce qui peut créer des dissonances… Mais ce n’est pas le pire.
Le pire, c’est que, lorsqu’elle joue sur la corde de ré, dès que la nuance dépasse le mf, elle accroche la corde de sol. Pas une fois, pas deux fois, ce serait excusable, tsé, un excès d’enthousiasme, genre… Mais non! Chaque fois! Aaaargh! J’en étais rendu à guetter les changements de dynamique pour savoir quand j’entendrais de nouveau ce bourdon parasite!
Mais, minute! Dans MISQA, il y a bien A pour Academy? Voyons, la liste des profs… Tiens, ces jeunes ont eu des leçons privées et des classes de maîtres avec des tas de gens sérieux, par exemple, ici, Peter Prause, violoncelliste du quatuor Talich, et ici Valentin Erben, autrefois violoncelliste du quatuor Alban Berg…
Et personne ne lui aurait rien dit, à cette pauvre fille? Ben voyons!?! Laisser passer une erreur d’école secondaire dans un récital qui serait, autrement, de qualité professionnelle?
Bon, défaut technique? Chevalet trop plat? Pas son violoncelle habituel? Quelle que soit la raison, honnêtement, vous me reparlerez du quatuor Esme lorsque la violoncelliste aura corrigé ce problème.
