Oui, au pluriel, car j’en ai oublié deux, hier soir, à Leon.
Je suis près du comptoir, dans la boutique de matériel relié aux cellulaires, en train d’effacer laborieusement la tonne de photos que m’a aimablement dupliquée le jeune vendeur qui voulait bien faire…
Entre une dame dans la cinquantaire, bonne bourgeoise rigolotte, qui me voit pitonner avec ardeur et me débite son boniment. Elle s’aperçoit que je ne comprends pas:
-Ah, non entiende?
-My espanol esta muy limitado; se parla lento, capisco un pequeno.
Et elle repart comme une mitraillette, et elle insiste, et revient à la charge, en me montrant des machins qui fonctionnent admirablement bien dans la tablette de son fils (si j’ai compris quoi que ce soit…). Je lui demande si elle veut que je l’achète, ou quoi, en français; elle repart encore de plus belle. Le vendeur revient à mon secours, au moins pour la troisième fois…
J’ai vraiment eu l’impression qu’elle prenait son pied de pouvoir parler devant quelqu’un qui a l’apparence extérieure d’un adulte raisonnablement instruit mais qui ne comprend rien à ce qu’elle dit…
– – –
Un peu plus tard mais beaucoup plus lumineux…

Je suis sur cette rue, à attendre Roberto qui est allé faire des courses pour le matin suivant. Passent trois grands ados en patins à roues alignées, deux gars et une fille, genre fin secondaire ou début CEGEP.
La fille, la dernière, patine « normalement »; le gars, le deuxième, patine avec les pieds ouverts, talons rapprochés; le premier gars patine sur un seul pied, à reculons, en se servant de son autre pied, jambe pliée au genou, pour se guider à travers la foule. Il est sérieux comme un pape et contrôle précisément sa trajectoire.
Comme pour le renard et le cerf et le train des jours précédents, désolé, pas de photo… Avoir tenté de la prendre, je n’aurais même pas pu décrire correctement ce que j’ai vu.
English digest: annoying ladies and good skaters can also be part of the Camino.