Deux saisons d’orchestre (été – automne 2017)

Alors, cet été et cet automne, il y a eu l’OSS (Sherbrooke), la Sinfonia de Lanaudière (quelques fois), l’OSG (Gatineau), l’OPNM (Orchestre Philharmonique du Nouveau Monde, couronne nord de Montréal), pour deux programmes, l’OSD (Drummondville) en dernière minute: j’ai été appelé moins de deux heures et demie avant le début de la première répétition!

Il y a eu Franck, Ravel, Sibelius, Haendel, Mozart, Schubert, Vivaldi, les Beatles et, bien sûr, des chansons de Noël (on n’y échappe pas!).

Il y a eu beaucoup de route, parfois seul, parfois avec des compagnons et compagnes fort agréables, souvent en auto, parfois en bus. Il y a eu des repas sur la route, en groupe, seul, de la cuisine dans un petit appartement… Une trouvaille: Saint Sushi, sur Duluth.

Des moments de stupeur, comme lorsque la violon solo demande au chef:

-Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse, ici?

-[il regarde sa partition en tournant les pages] Euh, on va reprendre au début.

-Mais… On fait quoi?!?

-Euh… Ça va certainement aller mieux la prochaine fois…

Un moment d’inquiétude lorsque la violon solo est passée par-dessus bord d’une scène non protégée, heureusement sans trop de mal. N’empêche… grrr…

Un moment de froid intrigant, au festival d’opéra de Québec: c’était l’été, en principe, mais tout le monde était en manteau: on gelait!

Des moments de grâce lorsque j’ai eu le privilège, comme violoncelle solo, d’accompagner les chanteuses dans le Gloria de Vivaldi.

Esquissé passé, Outremont, jeudi 14 décembre 2017

La grand-mère est allongée sur le divan, juste à côté. Au début, elle a commenté (félicité) quelques fois, mais là, elle ronfle, carrément.

Le chien, ou plutôt le chiot, a été castré il y a quelques jours. La pauvre bête se promène avec un collier en entonnoir, ce que les anglos appellent un col élisabéthain (c’est pas une blague), et se cogne un peu partout. Au début de la leçon, il jappe férocement. Bon, eh, je suis juste en train d’accorder!

Mon élève appelle son mari, pour qu’il vienne s’occuper du chien; T. passe et joue avec le chien trois minutes puis retourne au match. Il remontera quelques fois, descendra le chien, qui remontera systématiquement.

Max (le chiot en question) finit par se trouver un jouet qui lui convient: un genre de dinosaure (un stégosaure, me semble), violet et bleu, avec des écailles jaunes.

Il installe sa peluche entre les deux chaises de la leçon de violoncelle et se met à la zigner énergiquement. Je le regarde faire, en disant: « Trop tard… »

Je ne sais plus si c’est le chiot qui zigne ou la grand-mère qui ronfle, mais K. et moi éclatons de rire.

La soirée et la leçon ne sont pas finis. Max pissera de joie lorsqu’il reconnaîtra l’amie d’O., le fils de K. et T.

Euh, oui, pardon? La musique? Ben, ça va très bien, merci!

Esquissé passé, Montréal, mardi 12 décembre 2017

-Vous êtes pas habitués à grand-chose, vous les Québécois… La dame était un cas de misère sociale, elle a été amenée à l’hôpital parce qu’elle était confuse. Elle avait des marques rouges à cause des puces de lit. Elle a été mise dans une chambre privée, en isolement. Tout le monde avait peur d’aller la voir, mais pas moi. Elle est en jaquette d’hôpital, elle n’a plus rien; les puces, elles sont chez elle. J’ai dit que quand j’étais petite, j’ai eu la gale; tout le monde avait peur de moi!

[…] – Ils m’ont forcée à mettre une blouse d’isolement! Je leur ai dit voyons, elles ne vont pas me sauter dessus! C’est un gaspillage de ressources!