Nos amis les chanteurs, deuxième épisode (Montréal, août 2017)

Cette fois-ci, ce sera répétition et concert dans un centre sportif. Au programme, trois solistes, à savoir un ténor fameux, passablement touche-à-tout, puis un couple de chanteurs populaires. Le couple a une petite fille dont la santé laisse à désirer, en ce jour; la sœur de la chanteuse est disponible, au cas où il faudrait un remplacement au pied levé.

Le ténor populaire est très à l’aise avec l’orchestre; les deux « jeunes » chanteurs sont moins expérimentés, et ça se sent dans leurs commentaires. Cependant, ils ne boudent pas leur plaisir, et expriment volontiers leur gratitude envers l’orchestre.

Ce ne sont pas que des variétés, puisqu’il y a toute une variété de musique…

ahem… ma sœur me donnerait une pénalité pour ce jeu de mot…

Bon; il ya du chant napolitain, un air d’opérette allemand, des airs d’opéra italiens, du pop américain, européen, québécois… Pour tous les goûts, finalement. La chanteuse ose s’offrir un air populaire italien en duo avec le ténor…

C’est mignon: tout le long des répétitions des pièces en duo et en trio, le couple de chanteurs populaires, sans en avoir l’air, prend conseil auprès du ténor et celui-ci, sans en avoir l’air, leur donne des cours de chant et de musique. Pas la moindre trace d’arrogance, de suffisance, de snobisme, ni d’une part ni de l’autre; au contraire, il y a beaucoup de respect et de délicatesse de part et d’autre.

Pendant le concert, je suis encore une fois frappé par l’aisance de ce ténor avec le public: il l’enroule autour de son petit doigt avant de le mettre dans sa petite poche! En plus, il chante vraiment bien. Les deux chanteurs populaires sont très bons aussi.

Il y a tout de même un moment où j’ai été ému, transporté dans mon souvenir… Du temps où je vivais dans Villeray, près du marché Jean-Talon (rue Jules-Verne, si, si!), j’allais souvent souper dans un machin à brochettes sur St-Denis, près de Villeray (justement), et je jouais au scrabble avec une dame âgée qui y soupait, elle, pratiquement tous les soirs. Je ne sais pas quel était le poste de radio, mais les mêmes chansons jouaient presque tous les soirs, et presque dans un ordre identique. Une des chansons du couple, fort jolie (une traduction d’un original américain, semble-t-il), passait donc très souvent; c’est la première fois que j’entendais parler d’eux.

Suzanne est morte du cancer, quelques semaines après mon père…

Évidemment, cette chanson a fait partie du programme…

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