Mana, une violoniste avec qui j’ai le plaisir de faire de la musique de chambre, est aussi prof de violon. Son mari, Martin, est pianiste et prof de piano. Katarzina, dite Kasia, est violoniste et prof de violon; son mari, Marcin (non, ce n’est pas une faute de frappe, il est Polonais), est bassiste et prof de… musique. Oui, il y a bel et bien un genre de patron qui se répète, ici, et je m’inclus dedans.
Nous enseignons tous la musique en privé; Mana et Kasia ont même leurs propres écoles « officielles » à la maison, en plus de celles où elles enseignent à l’extérieur.
Donc, nous enseignons tous en privé, à des élèves qui prennent des leçons individuelles, et arrivons tous au même constat: c’est bien beau, les cours individuels, et pour la technique instrumentale, c’est pas mal la seule solution, mais pour ce qui est de la musique comme moyen d’échanger, la meilleure école (au sens large) est encore la musique de chambre, c’est-à-dire en petit groupe, sans chef d’orchestre.
Je reviendrai éventuellement sur les fondements de cette approche, musique instrumentale apprise en solo versus musique de chambre; pour le moment, ce à quoi je veux en venir, c’est que Mana, qui est une personne pleine de ressources, a organisé une académie d’été de musique de chambre, dont c’est présentement la troisème édition, et que depuis le début j’ai le plaisir d’y enseigner.
L’académie fonctionne selon un principe simple, et courant dans ce genre d’entreprise: il y a des cours chaque jour, puis deux concerts: un concert des profs (qui sera mercredi soir, en ai-je parlé?) et un concert des élèves (qui sera dimanche après-midi, j’en reparlerai).
Mana choisit les répertoires: celui des élèves, pour les cours, et celui des profs, pour notre concert. Nous commençons nos répétitions dans la semaine précédant l’académie.
Ce qui est vraiment intéressant, dans cette façon de faire, c’est que nous avons l’occasion de nous appliquer à nous-mêmes les principes que nous allons enseigner la semaine suivante… Dans mon cas, c’est bien simple…
… Je devrais demander à mes élèves qui me suivent sur ce blogue ce sur quoi je vais insister, pour voir s’ils me suivent aussi dans mes cours… 🙂
Mais je sais aussi que, cette année, j’ai enseigné les extensions de la main gauche à bien du monde (une année normale, quoi…) et je me souviens avoir dit que l’immense majorité du temps, on fait l’extension 1-2; une petite minorité, on fait l’extension 3-4; j’ai ajouté, dans un ou deux cours, que si on a à faire l’extension 2-3, c’est qu’on est dans le trouble.
Or, dans le magnifique quatuor avec piano opus 47 de Robert Schumann, il y a ce passage-ci:

Mon meilleur doigté, pour le moment, comprend, dans l’ordre, les extensions 2-1, 4-3, 4-3, 2-1, 3-2, 3-2, 3-2, 2-1 et plusieurs démanchés.
Gnarf…
