Esquissé passé, Montréal, août 2017

[…] « Ça n’allait pas très bien avec sa mère, alors j’ai su que j’avais une fille, elle avait quinze ans! Ce n’est pas une relation proche proche, alors normalement elle m’appelle surtout pour l’argent. Mais là, elle veut que je joue à son mariage… » [je paraphrase en partie]

Il a les larmes aux yeux en me racontant ça…

Esquissé passé, juillet 2017

[…] « Unfortunately, I caught a gastro and was in miserable shape yesterday throughout a 4h meeting in St Jovite!! I barely held it together as my stomach churned and intestinal muscles wanted to expulse the rogue bacteria from my gut!! Sorry for the gross details. Imagine being surrounded by toilets in a plumbing showroom when one has a gastro!! » […]

Un jour, on va voir ça dans un film…

Nos amis les chanteurs, premier épisode (Montréal et Québec, juillet 2017)

… Bon, j’ai pris du retard dans mon écriture… Là, je paie pour; j’ai beaucoup de chroniques à rattraper… Voyons; deux sur des concerts avec des chanteurs, une ou deux sur un décès et les funérailles subséquentes, une ou deux sur d’autres cérémonies dans la même fin de semaine, un esquissé passé douloureux… Bon, allez, au clavier, mon coco!

Ce billet-ci va parler de ma première gig d’orchestre, quelques semaines (déjà!) après mon retour de voyage.

Il y a parfois une curieuse relation entre les chanteurs et les… instrumentistes… J’ai failli écrire « les vrais musiciens »! Mais, outre la taquinerie méchante, ce petit mot illustre bien l’espèce de rivalité sous-jacente entre les deux « équipes », si j’ose dire; rivalité pas toujours dénuée d’un peu de jalousie de la part des instrumentistes, il faut bien le dire…

Jalousie basée, d’une part, sur l’antériorité de la pratique: les chanteurs « classiques » commencent parfois leurs études aussi tard que le collège ou l’université, parce que leur chant demande que la morphologie du corps soit entièrement développée, alors que nous, les instrumentistes, arrivons au même niveau scolaire nantis déjà de plusieurs années d’expérience. Alors, dans les mêmes classes, nous nous côtoyons, instrumentistes au moins un petit peu chevronnés d’une part, chanteurs et chanteuses ne sachant pas toujours de quoi il est question d’autre part, et parfois ça nous fait grincer des dents, surtout lorsque la réponse au problème insoluble pour les uns semble tellement évidente aux autres. En plus, les chanteurs et chanteuses sont formé(e)s pour assumer l’attention de toute une salle, en rayonnant en toutes circonstances; nous, non. Conséquence: aucun problème, si flagrant soit-il, ne semble jamais venir de la personne qui chante, lorsque ladite personne assume un peu trop ce rôle de vedette. Nous, ça nous énerve. Pour finir, il y a aussi les cachets, qui sont nettement plus favorables aux chanteurs solistes qu’aux orchestres qui les accompagnent…

Mais, rendu là, il faut bien dire qu’une sélection s’est déjà opérée, après les études; normalement, à l’orchestre, nous accompagnons des gens beaucoup plus solides et généralement infiniment plus aimables que ce que je viens de décrire, et c’est tout à leur honneur.

Reste que les répétitions ne sont pas toujours faciles…

Pour ce programme, composé d’airs d’opéra, il y a en tout huit solistes, soit deux sopranos, une mezzo, trois ténors et deux barytons. Dès le début de la répétition, le chef les convoque tour à tour, dans le désordre, pour tenir tout le monde un peu occupé, en alternance.

Contrairement au concert, les chanteurs, pendant les répétitions, sont tournés vers l’orchestre. Ça fait que nous pouvons mieux observer leur art et leurs manières… Ce sont tous d’excellents chanteurs, il faut bien le dire… mais la mezzo, entre les moments où elle chante magnifiquement un air orné d’une quantité incroyable de vocalises, par ailleurs magistralement et suavement exécutées, la mezzo, disais-je, mâche une chique de format olympique… « J’ai une gomme! », proclame-t-elle, comme si tout le monde ne l’avait pas remarquée. Je repense à mon père et à son dédain, que dis-je, dégoût, pour ces machins… Il aurait fait une crise d’apoplexie!

Il y a le baryton qui chante cet air si populaire, si universellement connu, à pleins poumons… Les chanteurs de concert ou d’opéra ont beaucoup de puissance; c’est aussi douloureux pour nous que d’endurer des trombones ou une batterie, croyez-moi! Et parfois, ils font des petits concours, on ne sait pas trop pourquoi: incertitudes momentanées pour cause de retour de vacances, crise de m’as-tu-vu, apprentissage ou redécouverte d’un texte peu familier? Toujours est-il que lorsque le même baryton et un des ténors commencent leur splendide duo, nous nous demandons quelle nuance peut bien être écrite dans leurs partitions; nous, nous avons « pianissimo » mais les oreilles nous frisent encore devant leurs « fortissimo » intense.

Le même ténor, qui souffre d’un déficit d’attention diagnostiqué (rapporté par une des soprani), est parti à la pause, oubliant de répéter un de ses airs… Un autre ténor chante son air « fortissimo » du côté des violons, épargnant relativement les basses, pour une fois.

… J’ai l’air de grincer des dents… Y a-t-il eu de beaux moments? Oui: d’abord, il y a très peu de Verdi dans ce programme, ce qui est une bonne nouvelle pour les instrumentistes. Verdi, c’est un peu comme Chopin ou Paganini: autant la mélodie est superbe, autant les accompagnements sont souvent monotones ou vides. Ensuite, il y a de très beaux airs, dont un splendide duo de Mozart, en plus des autres évoqués jusqu’ici, plus Bizet, Puccini et quelques grands favoris…

Mais tout ça ne prend son sens qu’au moment du concert, il faut bien le dire. Après une brève dernière répétition/prise de son, car le concert va avoir lieu en plein air, répétition essentiellement orientée sur les pièces d’ensemble (quelques duos, un trio, un sextuor), puis après le souper, nous arrivons enfin sur scène pour le concert.

Premier constat: il fait froid! Plusieurs musiciens restent en coupe-vent, une des chanteuses fera la remarque qu’il y a quand même une injustice envers les femmes dans ce genre de concert, alors qu’elle se présente en robe bustier devant un parterre rempli de gens en manteaux… On dirait un festival d’hiver, alors que nous sommes fin juillet!

Second constat: je peux bien chialer devant les petits travers des chanteurs et chanteuses en répétition, reste qu’il faut du courage en chien pour aller s’exposer comme ils le font, devant un public si nombreux, en mettant leur carrière en jeu à chaque fois: ils sont à un craquement de voix de la fin, dans un sens… On peut bien leur pardonner un petit moment de cabotinage… Ils savent susciter des vagues d’émotions dans le public, vagues sur lesquelles ils surfent avec aisance, voire avec élégance…

Il faisait trop froid, alors le chef a retiré une des pièces du programme; c’est vraiment bien tombé: il a commencé à pleuvoir juste vers la fin du rappel!

Songe d’une nuit d’été (Harrington, 14 juillet 2017)

Je partage une gig de mariage à St-Sauveur avec Karen. Elle a un chalet dans le nord, pas très loin de là, chalet dont elle m’a parlé plusieurs fois au cours des années. Je propose qu’on se retrouve à St-Sauveur pour dîner avant la gig, Karen propose bien mieux et m’invite à son chalet, la veille et le soir de la gig. Merci beaucoup!

Le chalet est sur le bord du même lac où se trouve le camp musical Cammac, et un des arguments de Karen a été de me dire que le quatuor Saguenay (anciennement Alcan) allait jouer le vendredi soir en question.

La route pour s’y rendre est bien belle, mais sortir de Montréal à l’heure de pointe est une épreuve. Je finis tout de même par arriver presque en même temps que Karen et ses trois fils.

Arrivés vers 18h45, nous descendons la petite côte entre le stationnement et le chalet, simple et rustique. Souper rapide sur le balcon-terrasse puis c’est l’heure d’aller au concert. Mon vrai récit commence ici…

… parce que le moyen d’aller au concert, c’est le canot. Cammac est dans la deuxième baie à gauche, du même bord du lac. Gilet de sauvetage, pagayes, nous partons; Karen dirige, je rame de l’avant. Traversée rapide, d’une douzaine de minutes, amarrage à l’escalier, là où il y a déjà plusieurs barques.

Montée à travers le camp musical (c’est ma première visite à Cammac!), arrivée à la grande nouvelle bâtisse, le concert va commencer bientôt; Karen croise de ses amies, nous sommes invités à faire de la musique de chambre après le concert! À suivre…

Concert. Ce n’est pas Alcan (euh, Saguenay) qui ouvre le bal, mais presque: il n’y a pas de premier violon mais une flûte, tenue par Josée Poirier; le reste de la formation, Nathalie Camus au violon, Luc Beauchemin à l’alto et David Ellis au violoncelle, ressemble plus à ce à quoi je m’attendais. Mozart, un quatuor avec flûte… Nouvelle pièce pour moi; c’est joué avec élégance, sobriété… Je remarque les dialogues entre l’alto et le violoncelle… sans totalement reconnaître le son de Luc, j’apprécie la « bass attitude » si présente dans son jeu. J’aimerais que mes élèves puissent entendre ça. Le numéro du catalogue Köchel de ce quatuor m’a échappé, mais j’ai une impression de pièce de relative jeunesse. À réécouter.

Ensuite, Marie-Annick Béliveau, accompagnée par Myriam Bernard, présente un cycle de 12 lieder de Schumann. Encore du nouveau: c’est la première fois que j’entends du Schumann chanté. Première impression: ça semble plus « simple » comme écriture que la musique de chambre impliquant des cordes. Les atmosphères (romantiques allemandes, cela va de soi) sont fort bien et finement rendues. Je suis particulièrement frappé… ça peut sembler un détail, mais la dixième pièce (il me semble) se termine par un saut d’octave descendant, à la voix; je suis frappé, estomaqué, devrais-je dire, par la propreté et l’élégance du saut vocal de Marie-Annick; ça me laisse presque la même sensation de léger vertige que lors d’une descente imprévue sur la route! Tout était déjà beau, mais j’ai eu, là, l’impression d’un moment de perfection.

Pour finir, Josée et Myriam reviennent avec Martin Mangrum pour jouer un trio de Beethoven pour flûte, basson et piano. Encore quelque chose que je ne connaissais pas. Ça sonne jeune et frais, certainement une œuvre de jeunesse, avant que Beethoven ne soit devenu sourd. Le finale est un thème et variations; entre deux variations, la pianiste s’exprime sur le sujet de la variation suivante au bénéfice de son tourneur de pages (Luc, soit dit en passant), et on comprend vite pourquoi: il y a des tas d’arabesques en multiples croches à la main droite, un vrai feu d’artifices! que Myriam transforme en moment de poésie. Chapeau. Au total, une autre œuvre à réentendre.

Après le concert, je revois, dans l’ordre, Luc, Nathalie et David, qui, tous les trois, hésitent un moment avant de me reconnaître; la barbe, peut-être? Première révélation: Luc ne jouait pas avec son alto habituel. Ok, ça explique ma demi-reconnaissance de tantôt. Seconde révélation: le même Luc va jouer dans la lecture de musique de chambre. Troisième révélation: quelqu’un prête un alto à Karen et quelqu’un d’autre me prête un violoncelle, donc pas besoin de retourner au chalet pour prendre nos instruments. Ça tombe bien, il est déjà autour de 23h.

Nous nous retrouvons au sous-sol avec une violoncelliste que j’avais peut-être déjà vue, une altiste que j’avais certainement déjà vue (moi et ma mémoire de noms!), à attendre les deux violonistes pour lire le premier Sextuor de Brahms, que j’ai joué il y a, ciel! plus de trente ans! aux Petits Violons, avec Philippe Müller comme premier violoncelle… et rejoué quelques années plus tard, ça doit quand même faire au moins un quart de siècle, aux mêmes Petits Violons, avec, cette fois-là, Mathieu Perreault (aujourd’hui à La Presse) comme second violoncelle. Pendant que je tente de m’habituer à ce violoncelle plus grand que le mien (comme c’est presque toujours le cas!), Luc et son compère tardent à venir, mais Luc moins que l’autre, alors, après avoir tenté en vain d’attirer l’autre violoniste en jouant le Scherzo du Sextuor, la violoncelliste va chercher ses cahier pour que nous puissions jouer le Quintette à deux violoncelles de Schubert, à la place… Pour celui-ci, je fais violoncelle deux, si, si, j’insiste! La partie de basse/bass drum est vraiment trop rigolote 🙂

Nous partons; Luc, premier violon, est assis en seconde place… Je fais tout arrêter et reprendre, une fois que les deux violons sont à leurs places « normales »; j’ai senti que j’aurais cherché le premier des yeux pendant tout le mouvement…. J’ai une amie qui dit que je suis psycho-rigide; elle a peut-être raison, finalement…

Comme nous en arrivons au milieu du mouvement, l’autre violoniste se pointe, finalement. Il attend sagement, littéralement assis dans son coin, que nous ayons terminé le mouvement pour que nous passions à Brahms. Luc et moi sommes tout de même perturbés de jouer le premier mouvement du Quintette de Schubert sans jouer le deuxième… Un peu comme commencer la soirée avec une personne de rêve, qui s’en irait juste comme ça commençait à être bon… Oui, oui, même en lecture « scrap » à des heures pas possibles (ça me rappelle ma jeunesse, lorsque nous lisions tard dans la grande maison, avec des amis de passage, sans déranger les voisins), ce quintette est une œuvre magnifique… Surtout le deuxième mouvement, à mon avis, mais bon, gnarf…

Enfin, Brahms, c’est pas d’la schnoutte non plus, alors ok, on change de compositeur et de formation; je me retrouve premier violoncelle, et en charge du premier thème… Ah, ça aussi, c’est beau… et du deuxième thème, ah, c’est beau aussi 🙂

Second mouvement, le thème et variations, qui commence par le magnifique thème exposé au premier alto; l’altiste proclame, avec raison (à mon avis) que c’est parmi les plus beaux thèmes à l’alto du répertoire. Séries de variations, reprise du thème au violoncelle pour la conclusion… Aaaah, Brahms…

Puis il est tard, la première altiste dit que le prochain mouvement va être son dernier; nous refaisons le scherzo du Brahms, nettement mieux que la première fois: normal, nous sommes plus réchauffés, et cette fois-ci il ne manque rien.

Et nous nous arrêtons, sans faire le quatrième mouvement. Luc et moi nous exclamons, encore, sur cet incroyable moment de vie où nous aurons joué un mouvement seulement du Quintette de Schubert, et trois mouvements seulement du premier Sextuor de Brahms! Mais bon, ne boudons pas notre plaisir de faire vivre cette superbe musique.

C’est bien beau tout ça, mais maintenant il est minuit, il faut rentrer… en canot, sur le lac, par nuit noire… Autre moment splendide, nous naviguons un peu vers le large, pour éviter les roches, puis vers le chalet de Karen, en évitant aussi le petit quai des voisins. Il n’y a de son que le bruit des pagaies, la turbulence du sillage de l’étrave du canot et nos voix lorsque nous chuchotons sur le lac. C’est à ce moment que me vient à l’esprit le titre de ce billet, qui aura attendu longtemps sa rédaction.

Rendus au chalet, deux voisins, père et fils, ont rejoint les fils de Karen autour du feu de camp; ils seront bientôt suivis par deux autres, maître et chiot (un mélange labrador et bulldog, noir comme la nuit). Bière, rosé, puis dodo…

… Le lendemain, il restera le mariage, avec la route dans les collines, l’église de Saint-Sauveur, Ghislaine Néron, la pianiste/organiste/chanteuse qui a l’air d’une retraitée « normale » lorsqu’on la croise avec son petit chien… mais attendez qu’elle se mette à chanter! Changement d’opinion garanti! Belle voix chaude, claire, juste… Puis le cocktail dans l’auberge introuvable pour toutes les applis de navigation! Et pourtant, elle est à deux pas!!! Puis le retour, la baignade dans le lac aux eaux agréablement tièdes, le tour du lac dans le canot à moteur du fils aîné de Karen (il a restauré le moteur lui-même et en est fier; Karen, qui pourtant ne raffole pas des moteurs sur son lac, est tout de même fière de son fils); puis l’aîné qui montre à ses deux cadets et à des enfants du voisinage comment faire le DJ avec une console démo; puis le gâteau pour l’anniversaire du cadet; puis le feu de camp, encore, mais je ne ressors pas ce soir: après ces deux journées (je n’ai pas dit que le vendredi, avant tout le reste, j’ai fait le cours de secourisme que j’avais décidé de suivre pendant mon voyage…), je tombe de sommeil. C’est simple, je n’ai pas entendu lorsque Karen et ses fils sont rentrés.

(Ce billet est dédié à Karen, évidemment. Merci beaucoup pour cette invitation et pour toutes ces années à partager des gigs et de la bonne humeur)

La chaise du dedans (esquissé passé, Outremont, lundi 10 juillet 2017)

J’accompagne mon ami qui visite ses parents dans leur résidence.

Salle à manger; des cas plus ou moins lourds, des gens plus ou moins autonomes, quelques lamentations; des aides-soignantes qui servent les repas et assistent certains résidents; dans bien des assiettes, des purées de couleurs et de formes diverses, pour rappeler les ingrédients d’origine (une escalope et des haricots, en particulier…); des verres de jus de pommes additionnés de calcium, des bouchées prises avec des grimaces; de grands moments de silence; une dame qui se caresse le tour de la bouche à longueur de temps et qui semble, à toutes fins utiles, quasiment aveugle; des mouvements malaisés, des encouragements répétés et nécessaires mais insuffisants; des questions auxquelles les réponses sont trop souvent « non »…

Mon ami me regarde, tente de rester positif et dissimule un petit morceau de son accablement sous un demi sourire:

-Toute une ambiance!…

-Ha!

Nous nous retournons vers celui qui vient de parler: le voisin de table de mon ami, un homme en chaise roulante, les cheveux gras, rares et poivre et sel, un genre de pansement transparent au coude gauche sur une éraflure assez vaste; il a tout de même le relatif privilège de s’être fait servir de véritables haricots et une véritable escalope. J’avais remarqué, au cours de quelques échanges qu’il avait eus avec le personnel, qu’il semblait beaucoup plus réveillé que la moyenne des convives. Après une bouchée en silence, il s’adresse à mon ami:

-Toé, t’es dans ‘a chaise de dehors; moé, chus dans ‘a chaise de d’dans…

Il continue de manger, nous compatissons en silence.

Académie de musique de chambre, Westmount, dimanche 9 juillet 2017

(oui, rédigé avec un peu de retard…)

Après avoir reçu des leçons de musique de chambre de cinq professeurs différents, au long de sept séances de cours réparties sur les dix jours de l’académie, les élèves en sont finalement rendus à leur concert.

Je suis particulièrement attentif à un quatuor à cordes, composé de « mes » élèves de musique de chambre (dont, en fait, deux anciens élèves de mon père) et un élève de Mana.

En fait, en les écoutant, j’ai été ému, vraiment: gorge serrée, larmes aux yeux…

Je suis certain qu’ils vont surtout se souvenir des accidents, des hésitations, des accrocs qui ont émaillé leur pièce…

Il y en a eu, certes… Mais il y avait surtout un groupe de gens qui s’écoutaient attentivement, qui jouaient vraiment ensemble, qui prenaient soin les uns des autres, par les gestes, par les regards, par les sourires…

… J’ai vu sur internet l’enregistrement vidéo d’un excellent violoncelliste et d’une excellente pianiste qui jouent une pièce magnifique, en même temps dans le même concert, mais pas ensemble… D’accord, il n’y avait pas d’erreurs majeures, mais…

… Mais « mon » quatuor a vraiment fait de la musique, lui.

(J’ajoute que « mon » quatuor a montré, en jouant comme il l’a fait, que tout le monde avait compris et retenu l’essentiel de nos leçons…)

« Bravo et merci », comme dit Michel Fugain.