Achever le Camino… (11 juin 2017)

En passant par tous ces endroits magnifiques, toutes ces villes, ces villages, en pensant aux gens rencontrés que j’aimerais revoir, je me dis que j’aimerais faire ce Camino plus lentement, genre, en prenant deux ou trois fois plus de temps…

L’ennui, c’est qu’il me faudrait aussi deux ou trois fois plus de fric…

English digest: Where’s the money?

De Laguna de Castilla à San Mamede (24e étape, dimanche 11 juin 2017)

Donc, après notre dîner, nous avons repris notre marche. Avec Peter, ça va pas mal vite.

La marche a été dans la grisaille pour un bout, puis le soleil est revenu, puis la fatigue des pieds est revenue, puis…

Puis nous sommes arrivés à une albergue qui se trouve être à vendre… On y a été servi un excellent souper végétarien, avec une magnifique soupe aux lentilles! C’est simple, j’en ai pris trois fois!

J’ai eu comme voisine Marsha, une charmante sexagénaire de l’Île de Vancouver. Une rivale: elle voyage et tient un blogue sur les rencontres qu’elle a fait sur le Camino! C’est son cinquième chemin, mais cette fois-ci elle a mal au genou et prend parfois le bus ou le taxi. Son premier était à l’invitation d’une amie, qui voulait voyager avec un groupe de femmes, et finalement elle s’est retrouvée être la seule autre membre du groupe… Je lui dis que comme c’est son 5e voyage, au total, ça fait un petit groupe…

Et là je blogue dans le soleil couchant, en pensant que mon voyage achève, du moins la partie de la marche vers Santiago; d’ici, il reste moins de 120 km à faire…. Je pourrais avoir fini cette partie, euh, jeudi? J’en reviens à peine, je dois dire, avoir marché autant, y avoir pris autant de plaisir, voir sur la carte du nord de l’Espagne là où j’en suis rendu… et que ça achève déjà.

English digest: met a rival blogger, had lots of fun, but it may be because the soup was so good.

Dîner à Triacastela (dimanche 11 juin 2017)

Cette nuit, je me suis réveillé à 2h quelques, 3h quelques, mais quand mon réveil a sonné à 5h35, je dormais profondément! J’ai eu le sentiment que toute la chambre s’était tournée vers moi lorsque j’ai enfin allumé!

Départ autour de 6h14, dans la nuit qui finissait. Heureusement que nous ne sommes pas partis plus tôt, nous aurions manqué des flèches dans le noir!

La montagne était très belle, nous sommes passés en Galice assez vite après le village.

Rendus à O Cebreiro, nous montons admirer le lever du soleil sur la Galice (ou Galicie? Va falloir que je vérifie…). « Nous », car je suis avec Peter, le charmant ingénieur anglais qui vit en France, bientôt président d’unen filiale d’un grand groupe chimique.

 

Nouveaux paysages, nouvelles montagnes, nous marchons dans les hauteurs, puis descendons dans les nuages…

Nous arrivons à Triacastela, passons devant un châtaigner de 800 ans puis nous arrêtons pour dîner, et voilà Michaël qui passe…

English digest: waking up that early was not easy but the ensuing walk was lovely.

De Cacabelos à La Laguna de Castilla (23e étape, samedi 10 juin 2017)

J’ai raconté, ce matin, une brève rencontre avec Magali. Il se trouve que, juste après avoir tapé et mis en ligne cet épisode, en sortant du café où j’étais, voilà que je retombe sur Magali, qui venait de me dépasser.

Nous rejasons et remarchons ensembles, vite rejoints par Peter, un Anglais qui connaissait Magali. La conversation s’engage à trois, dans le soleil et la chaleur. Au début, nous longeons la route, qui joue à saute-moutons avec l’autoroute… Magali a des piqûres terribles, qui la rendraient folle, dit-elle, si nous n’étions pas là pour… la tirer! En réalité, elle se tire bien d’affaire.

Nous avançons bien, prenons une petite pause (collation aimablement offerte par Peter), puis repartons et finissons par sortir de la grand route. Le paysage devient plus accidenté, le chemin plus beau… Puis, sortie à gauche, sentier descendant entre les arbres, à gauche, montée asphaltée directement à Cebreiro, à droite. Je pensais aller à Cebreiro… Mais, comme disait Peter il y a un instant, nous sommes une équipe… Alors, nous prenons à gauche.

Toute une descente… Nous allons la payer tantôt, quand il faudra remonter… Et, juste après un petit abri, voici la facture! Mais le chemin est magnifique. Ardu, pentu, superbe.

 

 

Après un bon moment à suer sous les arbres, nous arrivons à Fava, où nous prenons une autre petite collation. Magali s’arrête ici. Peter et moi continuons… À Laguna, le patron de l’auberge nous demande si nous voulons aller jusqu’à Cebreiro, puis nous avertit que c’est déjà plein là-bas… Bluff? Pas le goût de tenter, parce que l’arrêt suivant serait quand même un peu loin…

Nous nous arrêtons, Peter jase un peu avec Anita, notre voisine de chambrée, Tchèque qui vit à Londres, je sors prendre mes courriels… Et voici Michaël qui arrive à son tour!

Après une rapide toilette, nous soupons tous les quatre. La conversation atteint vite une profondeur surprenante, avec le système limbique impliqué parmi nos sujets… Puis j’ai une autre conversation avec Michaël, puis avec Peter…

Mais les sujets, même les plus réjouissants, ne se racontent plus dans un blogue… Désolé.

J’ai tout de même le plaisir de dire que ce fut une magnifique journée, très agréable et enrichissante.

English digest: lots of road, lots of off-road, lots of hills, lots of heat, lots of sweat, lots of fun.

La surprise de Magali (en passant à Pareje, 10 juin 2017)

Salué, puis fait quelques pas avec Magali, une Provençale un peu Italienne et un peu Corse, qui a réagi avec joie à mon « Bonjour! »

Quelques pas seulement, car nous sommes presque rendus au village suivant, où elle prend une pause, mais pas moi.

Elle a tout de même le temps de me conter qu’elle a triché sur son parcours et pris le bus… pour pouvoir arriver trois jours plus tôt à Santiago et faire une surprise à son mari en arrivant plus tôt que prévu à la maison.

Elle a un problème: « Je ne mens jamais, mais là je n’ai pas le choix: il me suit sur une carte, alors je dois faire attention à ce que je lui dis; je suis le plan, sinon il va deviner que je serai à Santiago plus tôt que prévu! »

Je lui demande la permission de conter ceci puis lui souhaite bon chemin et bon succès!

English digest: getting closer to Santiago…

Coup de gueule (déjeuner à Villafranca, suite, 10 juin 2017)

Le patron est charmant, il nous a offert un churros à tous les présents, le café est excellent, mais…

La musique!!!

Quelle indigence!

Pièce après pièce, des basses obstinées de quatre notes (hey! Pachelbel en a utilisé huit il y a presque trois cents ans! Forcez-vous!), des mélodies répétitives sur des registres restreints… Zut!

Voilà Gagnam Style qui passe, et après le reste, j’ai le sentiment d’un sommet de créativité!!!

Gnarf